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Vendre un appartement occupé est parfaitement légal en France et présente de nombreux avantages pour le vendeur comme pour l'acquéreur, à condition de bien maîtriser le cadre juridique.

Avant toute chose, il faut bien distinguer deux situations qui obéissent à des règles totalement différentes.
Le propriétaire vend son bien avec le locataire en place. Le bail se transmet automatiquement à l'acquéreur, qui devient le nouveau bailleur sans pouvoir modifier les conditions (loyer, durée, clauses). Dans ce cas :
Le propriétaire donne congé au locataire pour vendre le bien libre d'occupation. Dans ce cas, le congé doit être notifié au moins 6 mois avant la fin du bail (3 mois pour un meublé), et il active le droit de préemption du locataire :
À retenir : Le droit de préemption du locataire est conditionné au congé pour vendre. Tant que le bailleur ne donne pas congé, il peut vendre librement à un tiers, sans information préalable du locataire ni offre prioritaire.
La vente d'un logement occupé est encadrée principalement par la loi du 6 juillet 1989 sur les baux d'habitation. Trois articles structurent le dispositif :
| Article | Disposition |
|---|---|
| Article 3 | Mentions obligatoires du bail (durée, loyer, dépôt de garantie) qui se transmettent à l'acquéreur |
| Article 15-I | Conditions du congé pour vendre (forme, délai, contenu) |
| Article 15-II | Délais à respecter par le nouveau propriétaire pour donner congé après acquisition |
L'article 15-II est particulièrement important pour les investisseurs : si la fin du bail intervient moins de 3 ans après l'acquisition, le nouveau propriétaire ne peut donner congé qu'à la première reconduction tacite ou au premier renouvellement. Si elle intervient plus de 3 ans après l'acquisition, il peut donner congé au terme du bail en cours.
S'ajoute à ce cadre la loi du 31 décembre 1975 (article 10), qui régit la vente à la découpe et le second droit de préemption.
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Vendre un appartement occupé impose presque toujours une décote par rapport à un bien libre, car l'acheteur ne peut pas occuper immédiatement le logement. Le montant de cette décote dépend de plusieurs facteurs.
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| Cas de figure | Décote moyenne |
|---|---|
| Petite surface (T1, T2) en zone tendue | 0 à 5 % |
| Bail vide standard (loi 1989) | 10 à 15 % |
| Loyer bien inférieur au marché | 15 à 25 % |
| Locataire protégé (+65 ans, revenus modestes) | 20 à 35 % |
| Cumul de facteurs défavorables (loyer bas + locataire protégé + travaux) | 30 à 45 % |
| Bail soumis à la loi de 1948 | 40 à 50 % et plus |
| Bail meublé | Aucune décote en général |
1. La durée restante du bail. Plus le bail est long à courir, plus la décote est importante. Un acquéreur qui souhaite occuper le bien attendra plus longtemps avant de pouvoir donner congé.
2. Le montant du loyer vs le prix du marché. Si le loyer est aligné sur le marché, la décote est limitée car le bien dégage une rentabilité immédiate intéressante. Un loyer 20 % en dessous du marché crée une décote significative car l'acquéreur doit attendre la fin du bail pour réajuster.
3. L'âge et le profil du locataire. Un locataire de plus de 65 ans avec des revenus inférieurs aux plafonds officiels est qualifié de locataire protégé : le bailleur ne peut lui donner congé qu'en lui proposant un relogement adapté. Cette protection augmente la décote, sauf si le bailleur est lui-même âgé de plus de 65 ans avec des revenus modestes.
4. Le type de bail. Un bail soumis à la loi de 1948 entraîne une décote très importante : les loyers sont bloqués et le bail peut être à durée indéterminée. Les baux meublés (durée 1 an) entraînent au contraire une décote négligeable.
5. La typologie du bien. Les petites surfaces (T1, T2) sont très recherchées par les investisseurs et subissent peu de décote. Les grandes surfaces et maisons familiales, ciblées par les primo-accédants, subissent une décote plus marquée car l'acquéreur veut généralement habiter le bien.
6. La localisation. En zone tendue (Paris, grandes métropoles, Côte d'Azur), la décote est mécaniquement plus faible : la demande des investisseurs absorbe une partie de l'effet "occupé".
Bon à savoir Pour calibrer correctement la décote, comparez le prix du bien vide estimé (par DVF, comparables ou expertise) avec le prix qu'un investisseur serait prêt à payer en se basant sur la rentabilité locative générée par le loyer en place. L'écart entre les deux donne une fourchette objective.
C'est l'une des questions les plus mal comprises du sujet. Le droit de préemption du locataire n'est pas systématique. Il s'active dans quatre hypothèses précises.
Le bailleur veut récupérer le logement libre. Le congé vaut offre de vente. Le locataire dispose de 2 mois pour préempter. Ne s'applique pas aux locations meublées.
Le propriétaire d'un immeuble entier décide de le diviser et de vendre les lots un par un. Lors de la première vente après division ou subdivision, chaque locataire bénéficie d'un droit de préemption sur son propre lot. L'offre est valable 4 mois. Particularité : même s'il refuse l'offre, le locataire peut rester dans les lieux car il ne s'agit pas d'un congé pour vendre.
Si le propriétaire baisse ensuite le prix ou modifie les conditions de vente à la baisse pour vendre à un tiers, le locataire bénéficie d'un second droit de préemption au nouveau prix, valable 1 mois.
Régi par les accords collectifs du 9 juin 1998 et du 16 mars 2005, ce dispositif s'applique aux bailleurs personnes morales (banques, assurances, mutuelles) lors de la vente d'immeubles entiers.
Même en présence de l'une des quatre hypothèses, la préemption est exclue si :
Même si la loi n'impose pas d'informer le locataire d'une vente occupée, la diplomatie reste un atout commercial. Un locataire informé et coopératif facilite les visites et accélère la transaction.
Les visites en vue d'une vente sont strictement encadrées :
Sans clause au bail, le locataire peut refuser toute visite. Il est alors recommandé de privilégier les visites virtuelles, photos professionnelles et plans détaillés pour rassurer les acquéreurs investisseurs.
Astuce pour les professionnels : Si le bail ne contient pas de clause de visite, rédigez un avenant signé par le locataire en échange d'une compensation (mois de loyer offert, prise en charge de petits travaux). Cela accélère significativement la commercialisation.
Vendre occupé permet d'éviter la vacance locative pendant la commercialisation, de continuer à percevoir les loyers jusqu'à la signature, et d'éviter les frais de remise en état. C'est la solution idéale quand on souhaite céder un actif sans interrompre son rendement.
Pour un investisseur locatif, acheter un bien occupé présente plusieurs avantages structurels :
L'inconvénient principal reste le manque de flexibilité : impossible d'occuper le bien soi-même à court terme, impossible de réaliser des travaux lourds avant la fin du bail, et obligation de respecter le bail en cours dans toutes ses clauses.
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Découvrir les meilleures agencesLa vente d'un appartement occupé suit le régime fiscal classique des plus-values immobilières des particuliers (article 150 U du CGI), avec quelques spécificités.
La plus-value est calculée comme la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition (majoré des frais et travaux). Le taux global est de 36,2 % : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux. Des abattements pour durée de détention s'appliquent (exonération totale d'IR à 22 ans, totale de prélèvements sociaux à 30 ans).
Une décote significative réduit mécaniquement la plus-value taxable, ce qui peut être un argument pour les vendeurs ayant peu de durée de détention.
Bon à savoir : La fiscalité immobilière évolue régulièrement. Pour optimiser la vente d'un bien occupé, faites valider votre montage avec un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine, en particulier si la plus-value est significative ou si vous envisagez plusieurs cessions.
Le dépôt de garantie est généralement transféré à l'acheteur et sera restitué au locataire à la fin du bail par le nouveau propriétaire.
Non, un état des lieux n'est pas nécessaire car il n'y a pas de changement de locataire. Le bail se poursuit normalement.
Non, le nouveau propriétaire doit respecter les termes du bail en cours, y compris le loyer, jusqu'à son renouvellement ou sa fin naturelle.
Non. Le propriétaire est libre de vendre son bien occupé sans l'accord ni l'information préalable du locataire. Le bail se transmet automatiquement à l'acquéreur, qui devient le nouveau bailleur. Le locataire ne peut s'opposer à la vente.
Pas dans le cas d'une vente occupée classique. Le droit de préemption du locataire ne s'active que dans 4 hypothèses : congé pour vendre, vente à la découpe, second droit de préemption après baisse de prix, vente d'immeuble entier par un bailleur personne morale.
Pour un bail vide standard, la décote moyenne est de 10 à 15 %. Elle est nulle ou faible (0-5 %) pour les petites surfaces en zone tendue. Elle peut atteindre 30 à 50 % en cas de cumul de facteurs défavorables (locataire protégé, loyer très bas, bail loi 1948).
