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Bail commercial

Meryem ChiouarMis à jour le 11.10.20264 min de lecture

Qu'est-ce qu'un bail commercial ?

L'essentiel en un clin d'œil

  • Le bail commercial est conclu pour une durée minimale de 9 ans, le locataire pouvant partir tous les 3 ans avec un préavis de 6 mois (article L145-4 du Code de commerce): c’est le principe du 3-6-9.
  • Le loyer se révise selon l’indice ILC (commerces, artisans) ou ILAT (bureaux, professions libérales), jamais l’indice du logement.
  • Nouveauté 2026: depuis la loi du 26 mai 2026, le dépôt de garantie est plafonné à trois mois de loyer pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 28 mai.

 

Qu’est-ce qu’un bail commercial ?

Le bail commercial est le contrat de location d’un local affecté à une activité commerciale, artisanale ou industrielle. Il lie le bailleur (propriétaire du local) et le locataire, appelé aussi preneur, qui y exploite son fonds de commerce.

Il est régi par le statut des baux commerciaux, posé aux articles L145-1 et suivants du Code de commerce. Ce statut est protecteur du locataire: il lui garantit une certaine stabilité et, surtout, le droit de rester dans les lieux grâce au renouvellement du bail. On parle de « propriété commerciale ».

Bon à savoir: tous les locaux professionnels ne relèvent pas du bail commercial. Une profession libérale (avocat, médecin) signe en général un bail professionnel, aux règles différentes. Un local loué pour quelques mois peut relever d’un bail dérogatoire. Le bail commercial suppose l’exploitation d’un fonds de commerce.

Pourquoi parle-t-on de bail « 3-6-9 » ?

bail commercial

L’expression vient directement du mécanisme de durée. Le bail commercial est conclu pour une durée minimale de neuf ans, imposée par l’article L145-4 du Code de commerce. Mais le locataire n’est pas prisonnier de cet engagement long.

Il peut donner congé à l’issue de chaque période de trois ans, soit à la 3e, la 6e ou la 9e année, d’où l’appellation 3-6-9. Il doit respecter un préavis de six mois, notifié par acte de commissaire de justice ou lettre recommandée.

Le bailleur, lui, est bien plus engagé: il ne peut pas donner congé à sa guise. Il doit en principe attendre l’échéance des neuf ans, et s’il refuse le renouvellement, verser une indemnité d’éviction.

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Le loyer et sa révision

Le loyer initial est fixé librement entre les parties. En revanche, sa révision en cours de bail est strictement encadrée.

La révision se fait selon deux indices, et pas celui du logement:

  • L’ILC (indice des loyers commerciaux) pour les activités commerciales et artisanales.
  • L’ILAT (indice des loyers des activités tertiaires) pour les bureaux et professions assimilées.

La loi Pinel a introduit un garde-fou important: en cas de déplafonnement lors du renouvellement, la hausse du loyer est lissée et ne peut pas dépasser 10 % par an. Cela protège le locataire contre une augmentation brutale.

Bon à savoir: depuis la loi du 26 mai 2026, une clause encadrant les variations de l’ILC, à la hausse comme à la baisse, est désormais expressément licite (article L145-38-1). Les parties peuvent donc sécuriser contractuellement l’évolution du loyer.

Bail commercial ou bail professionnel : quelle différence ?

C’est une confusion fréquente, car les deux concernent des locaux d’activité. Mais les règles diffèrent nettement.

CritèreBail commercialBail professionnel
Pour quiCommerçants, artisans, industrielsProfessions libérales
Durée minimale9 ans6 ans
Indice de révisionILC ou ILATILAT
Droit au renouvellementOuiNon (tacite reconduction)
Indemnité d’évictionOui, si refus de renouvellementNon
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Le bail commercial est donc bien plus protecteur, grâce au droit au renouvellement et à l’indemnité d’éviction, qui sont ses deux grandes spécificités.

Le renouvellement et l’indemnité d’éviction

C’est le cœur de la protection du locataire commercial. À la fin des neuf ans, le preneur a droit au renouvellement de son bail. Le bailleur peut le refuser, mais à un coût.

S’il refuse le renouvellement sans motif grave et légitime (comme un défaut de paiement du locataire), il doit verser une indemnité d’éviction. Prévue par l’article L145-14 du Code de commerce, elle vise à réparer l’intégralité du préjudice subi: perte du fonds de commerce, frais de déménagement et de réinstallation.

Son montant est souvent élevé et, en cas de désaccord, fixé par le tribunal sur avis d’un expert. C’est ce qui rend l’éviction d’un commerçant si coûteuse pour un propriétaire, et donc si protectrice pour le locataire.

Cession et sous-location

Le locataire peut céder son bail, notamment lorsqu’il vend son fonds de commerce: le droit au bail fait partie des éléments cédés. Le bailleur ne peut pas s’y opposer sans motif légitime, en particulier lors de la vente du fonds.

La sous-location, en revanche, est plus encadrée: elle n’est possible qu’avec l’accord du bailleur. Dans tous les cas, le locataire principal reste responsable envers le bailleur de l’ensemble des obligations du bail, notamment le paiement du loyer.

Sources

  • Code de commerce, art. L145-1 à L145-60 (statut des baux commerciaux), notamment art. L145-4 (durée), L145-14 (indemnité d’éviction) et L145-40 (dépôt de garantie) (Consulté le 11.09.2026) : legifrance.gouv.fr
  • Le bail commercial, service-public.fr (Consulté le 11.09.2026) : entreprendre.service-public.fr

Questions fréquentes

Un locataire peut-il effectuer des modifications importantes dans les locaux commerciaux loués ?

Les modifications majeures nécessitent généralement l'accord du bailleur. Selon le bail, certaines améliorations ou modifications peuvent être limitées ou interdites, ou nécessiter une remise en état des lieux à la fin du bail.

Qu'advient-il du fonds de commerce à la fin d'un bail commercial ?

À la fin d'un bail commercial, le locataire a généralement le droit de vendre son fonds de commerce, qui inclut la clientèle et l'achalandage. Le bailleur doit offrir une indemnité d'éviction si le renouvellement du bail est refusé sans motif légitime.

Comment se calcule le droit au renouvellement du bail commercial ?

Le droit au renouvellement est généralement automatique, sauf en cas de motif grave et légitime de refus par le bailleur. Si le bailleur refuse le renouvellement, il peut devoir verser une indemnité d'éviction au locataire.

Un bailleur peut-il changer l'usage du local après la fin du bail commercial ?

Oui, mais cela nécessite généralement de suivre des procédures réglementaires spécifiques, notamment en matière de zonage urbain et d'obtention des autorisations nécessaires.

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